Laval, ville en mouvement : le défi de la mobilité durable
Politique municipale

Laval, ville en mouvement : le défi de la mobilité durable

La ville de Laval cherche à se réinventer avec de nouveaux projets de mobilité

Par Youness Haji, Journaliste

Contexte

Laval est une ville en pleine transformation, dont la population étudiante explose et dont les besoins évoluent rapidement. Cette dynamique démographique place la mobilité au cœur des préoccupations municipales : comment déplacer efficacement des milliers de résidents sur un territoire qui s'étend sur une île, tout en réduisant l'empreinte environnementale des déplacements quotidiens ? La Ville de Laval a fait de la mobilité durable un axe stratégique majeur, en reconnaissant que « votre île est en pleine transformation » et que « des solutions innovantes se déploient pour que Laval continue de se bâtir en réponse aux besoins de toute sa population ».

Cette transformation s'inscrit dans un contexte plus large de recomposition des modes de déplacement au Québec, où les enjeux de transport collectif, de sécurité routière et d'accès aux régions se multiplient. Pour Laval, la question n'est pas seulement celle de connecter les quartiers entre eux, mais aussi de relier efficacement cette population à Montréal et aux autres centres urbains de la région métropolitaine.

Ce qu'il faut savoir

La Ville de Laval a intégré la mobilité durable dans ses priorités, avec une section dédiée sur son site web. Cette orientation se traduit par des initiatives concrètes, notamment l'aménagement de parcs offrant des installations sportives variées, dont des espaces dédiés à la planche à roulettes et au planchodrome. Ces aménagements reflètent une vision élargie de la mobilité, qui inclut les déplacements actifs et les pratiques récréatives en milieu urbain.

Au niveau provincial, le gouvernement du Québec a mis en place un cadre ambitieux pour l'électrification des transports et la mobilité durable. Les Québécois peuvent désormais « rouler en voiture électrique », grâce à des aides financières pour l'acquisition de véhicules électriques et de bornes de recharge. Ces mesures s'inscrivent dans une stratégie plus vaste qui couvre l'ensemble du réseau de transport, incluant les infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et portuaires.

L'accessibilité universelle constitue également un enjeu majeur pour la mobilité à Laval. La Ville de Montréal, qui partage une frontière avec Laval, a développé une politique d'accessibilité universelle visant à ce que « toute personne d'exerce ses droits et de réaliser ses activités quotidiennes de façon autonome et sans entraves, quelles que soient ses capacités ». Les bibliothèques montréalaises offrent ainsi des infrastructures adaptées aux personnes à mobilité réduite, en situation de handicap ou ayant des limitations fonctionnelles. Cette approche pourrait servir de modèle pour Laval, qui souhaite offrir des solutions de mobilité inclusives à l'ensemble de sa population.

Analyse

L'analyse de la situation de Laval révèle un défi de taille : concilier une croissance démographique rapide avec une mobilité durable et inclusive. La ville dispose déjà d'outils pour favoriser les déplacements actifs, comme les parcs proposant des activités sportives variées, mais ces initiatives restent fragmentées et ne constituent pas encore un réseau cohérent de mobilité douce.

Le cadre provincial québécois offre un soutien financier significatif pour la transition vers des transports électriques, avec des aides pour l'acquisition de véhicules et de bornes de recharge. Ces mesures, bien qu'essentielles, ne suffisent pas à elles seules à transformer la mobilité lavalloise. La ville doit également investir dans les infrastructures de transport collectif, améliorer la sécurité routière et développer des alternatives à la voiture individuelle.

L'enjeu de l'accessibilité universelle mérite une attention particulière. La politique montréalaise en la matière montre qu'il est possible de concevoir des espaces publics et des services accessibles à tous, sans distinction de capacités physiques. Pour Laval, cela signifie repenser l'ensemble du réseau de mobilité — trottoirs, transports en commun, pistes cyclables — pour qu'il soit utilisable par les personnes à mobilité réduite, en situation de handicap ou ayant des limitations fonctionnelles.

Enfin, la mobilité durable à Laval ne se limite pas aux seuls déplacements quotidiens. Les activités récréatives en plein air, comme les cinémas en parc, les événements sportifs et les programmes communautaires, contribuent à créer un tissu social qui favorise les déplacements à pied et à vélo. La ville peut ainsi utiliser la mobilité comme un levier de cohésion sociale, en tissant des liens avec le voisinage et en encourageant les rencontres entre résidents.

Ce qui suit

Les prochaines étapes pour Laval reposent sur trois axes principaux. Premièrement, la ville devra intensifier ses efforts en matière de mobilité durable, en s'appuyant sur le cadre provincial québécois qui soutient l'électrification des transports et le développement d'infrastructures vertes. Deuxièmement, elle devra intégrer pleinement les normes d'accessibilité universelle dans tous ses projets de mobilité, afin que chaque habitant puisse se déplacer librement, quelle que soit sa capacité physique. Troisièmement, la ville devra mobiliser sa population étudiante et ses résidents dans la conception des solutions de mobilité, en utilisant les sondages et consultations publiques pour recueillir leurs idées.

La réussite de cette transition dépendra de la capacité de Laval à articuler les différents modes de transport — collectif, actif, électrique — en un système cohérent et accessible. Comme le souligne la Ville de Laval, il s'agit de « découvrir votre île » et de la reconstruire en réponse aux besoins de toute sa population.

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